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qu’il avait été mis en rapport avec Goligny, et c’estavec l’amiral qu’il était retourné à Orléans, où il avaitrencontré Théodore de Bèze et un autre ministre pro-testant. Dans les interrogatoires qu’on lui fit subir,avant même d’être soumis à la torture, il déclara queColigny, Théodore de Bèze, un autre ministre protes-tant, dont il s’est refusé à dire le nom, et la Rochefou-cauld, l’avaient excité à tuer le duc. G’est avec l’argentque lui avait donné Coligny qu’il avait acheté le chevalqu’il montait,
« Pour l’exciter à commettre ce crime, Théodorede Bèze et l’autre ministre protestant lui avaient de-mandé s’il ne serait pas bien heureux de porter sacroix en ce monde, comme le Seigneur l’avait portéepour nous, et « après plusieurs aultres discours et<< paroles lui dirent qu’il seroit le plus heureux de ce« monde s’il vouloit exécuter l’entreprise dont M. l’a-« mirai lui avoit tenu propos ; parce qu’il osteroit un« tyran de ce monde, par lequel acte il gagneroit le« paradis et s’en iroit avec les bienheureux, s’il mour-« roit pour une si juste querelle. »
M. Dargaud, dans son Histoire de Marie Stuart aussibien que dans son Histoire de la liberté religieuse, n’estpas moins explicite sur les rapports antérieurs de Pol-trot avec Coligny et les chefs du protestantisme.
« Poltrot avait été présenté à M. de Soubise, gouver.neur de Lyon pour les huguenots. M. de Soubise avaitdépêché ce fanatique à M. l’amiral, qui lui avait donnéde l’or, des encouragements, et qui l’employait en qua-lité d’agent secret dans l’armée catholique. « M. de« Soubise me mande, lui avait dit Coligny, que vous« avez bonne envie de servir la religion. Allez devant« Orléans et servez-la bien. » Ces mots n’étaient qu’une