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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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recommandation despionnage ; mais Poltrot les inter-préta sanguinairement.

'« Il vint au camp royal. Il avait longtemps vécu dansles Asturies, dont il avait contracté laccent. Sa belletaille, son teint basané, sa réserve, sa gravité, tout sonextérieur dEspagnol plurent à M. de Guise. Poltrotlui insinua quil désirait abjurer la religion protestante.M. de Guise applaudit à ce projet, sans presser autre-ment Poltrot que par ses courtoisies. Il linvitait sou-vent à sa table, lui adressait la parole avec bonté, etlui permettait de laccompagner à la promenade ouaux remparts. Poltrot se montrait reconnaissant etsemblait sêtre dévoué au duc, il épiait le momentfavorable. »

Tous les témoignages confirment ceux de Dargaud,de Caraman-Chimay, de Brantôme, de Bouillé, que nousavons déjà rapportés. Labbé Petit affirme nettement :« Un fanatique huguenot, Poltrot de Méré, après avoiréprouvé la bienveillance du duc, sans avoir jamais eusujet de sen plaindre, poussé uniquement par le désirde débarrasser son parti dun adversaire dangereux,conçoit le projet de le tuer. Il sen ouvre à Goligny et àThéodore de Bèze; ceux-ci, au lieu de le retenir, laffer-missent dans sa résolution : « Allez », disent-ils, «prenez« courage : les anges vous aideront. » Afin de mieuxatteindre son but, il se fait serviteur du duc, et épiechaque jour le moment de le tuer.

« Enfin, il va dans un bois avec un pistolet chargé deballes empoisonnées, attend larrivée de son maître, enpriant Dieu de fortifier son bras; puis, au momentfavorable, il tire croyant faire une bonne action. Maisce quil y a de plus surprenant, est ce qui arrive en-suite à lassassin. Il saute sur son cheval, court à toute