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l’amiral du coligny
bride pendant la nuit, erre au hasard par des voies dé-tournées comme effrayé de lui-même, se croit à centlieues du théâtre de sa cruauté, s’arrête dans unegrange au lever du jour, s’endort et se trouve à sonréveil entre les mains de la justice à une faible distancedu lieu d’où il était parti (1). »
W. Cobbett, dans ses Lettres sur la Réforme, accusenon seulement Théodore de Bèze et Coligny, maisencore Elisabeth d’Angleterre.
« Un scélérat, nommé Poltrot, qui était à la solde deColigny, feignit de déserter la cause de ce chef rebelle etvint prendre du service dans l’armée du duc de Guise.Peu de temps après, Poltrot, saisissant une occasionfavorable, plongea un fei' homicide dans le cœur géné-reux du vaillant et patriote général qui l’avait accueilli.Personne, à cette époque, ne chercha à nier que l’assas-sin eût été soudoyé par Coligny et excité par les prédi-cations furibondes de Bèze, l’un des plus incendiairesprêcheurs de l’époque et l’un des plus dignes disciples deLuther. Or, remarquons en passant que ce fut l’argentd’Elisabeth qui servit à payer le service de Poltrot, desorte qu’il faut rigoureusement en conclure qu’elle par-ticipa directement à l’assassinat du chevaleresque ducde Guise.
« Au reste, pour une femme delà trempe d’Élisabeth,un assassinat de plus ou de moins est une purebagatelle... »
Le Journal du Concile de Trente, rédigé par les am-bassadeurs vénitiens, et publié par M. Armand Baschet,renferme cette mention, brève dans la forme, maissuffisamment explicite :
(1) J.-A. Petit : Histoire de Marie Stuart, t. I er , p. 160, 161.