l’amiral DS C0L1GKY
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peu auparavant; comme j’estime, Madame, que vous ayezjà entendu, et m’estant venue maintenant la nouvelle detelle mort, je n’ay voulu faillir de la vous mander incon-tinant, comme j’ay intention de vous tenir advertye detoutes les aultres nouvelles d’importance que j’apprendroy,par cy après et à tant.
« Madame, je supplye le Créateur qu’il donne à YostreMajesté très longue vie en continuelle prospérité.
« De Caen, ce dernier jour de febvrier 1562. »
La cour, qui se trouvait en ce moment au château deBlois, y reçut la nouvelle du crime de Poltrot. La reinemère écrivit tout de suite au cardinal de Lorraine pourlui apprendre « le malheureux inconvénient advenu àson frère d’un paillard qui lui a donné un coup depistolet en passant ». Cette lettre, publiée dans lesMémoires de Condé, avec l’orthographe italienne de laReine, se terminait ainsi :
« Encore que l’on m’aye aseuré que le coup de vostre« frère n’est mortel, si est-ce que je souis si troublée« que je ne sé que je souis. Mais je vous assure byen« que je meteré tout set que j’é au monde et de cre-« dist et de puissance pour m’an vanger, et souis« seure que Dieu me le pardonnera. »
Et elle signait ; « Vostre bonne cousine, Caterine. »
Elle écrivait en même temps au connétable de Mont-morency, pour lui faire part du dessein du roi dedonner la charge de grand maître de la maison au filsdu duc de Guise,"si celui-ci mourait de sa blessure.C’est en effet au château de Blois que fut signée lanomination d’Henri de Guise à la survivance de lacharge de son père (f).
(1) Mémoires de Condé, t. IV, p. 273.
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