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l’amiral DK C0L1GSY
« royaume plus épuisé, comme vous pouvez savoir;« nos amis si froids et dont les desseins sont aussi à« craindre : tout cela, amassé ensemble et mis en« bonne considération, a été cause qu’il valait mieux« conserver le roi et le royaume, que de l’exposer à« un apparent et véritable danger par l’introduction« de tant d’étrangers. » Et à ce propos, M. de la Fer-rière (1) cite le témoignage du plus illustre historienprotestant de notre siècle : « Si, au point de vue moral,on ne saurait juger Catherine de Médicis trop sévère-ment, a écrit M. Guizot, à travers tant de vices, elleeut des mérites; elle prit à cœur la royauté et laFrance; elle défendit de son mieux, contre les Guiseset l’Espagne, l’indépendance de l’une et de l’autre, nevoulant les livrer ni aux partis extrêmes ni à. l’étran-ger. »
L’essentiel pour Catherine, c’était d’avoir délivré,'par l’édit d’Amboise, le sol de la France. Quant auxdispositions de cet édit et à la sagesse des partis à lesobserver et maintenir scrupuleusement, elle croyaitpeu à leur durée. Elle-môme était secrètement résolueà les battre en brèche. Elle ne se dissimulait pas,d’ailleurs, que celte paix n’était qu’une trêve, et disaitmême que « c’était reculer pour mieux sauter ». Tou-tefois, elle sut profiter fort habilement de cette trêvepour faire reprendre, par un corps d’armée mi-particatholique mi-parti protestant, la ville du Havre, quele prince de Gondé, pour gage d’une somme impor-tante, avait eu la faiblesse de livrer à la reine d’An-gleterre (2).
(1) Le seizième siècle et les Valois.
(2) V. Chantelauze, article cité.