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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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« royaume plus épuisé, comme vous pouvez savoir;« nos amis si froids et dont les desseins sont aussi à« craindre : tout cela, amassé ensemble et mis en« bonne considération, a été cause quil valait mieux« conserver le roi et le royaume, que de lexposer à« un apparent et véritable danger par lintroduction« de tant détrangers. » Et à ce propos, M. de la Fer-rière (1) cite le témoignage du plus illustre historienprotestant de notre siècle : « Si, au point de vue moral,on ne saurait juger Catherine de Médicis trop sévère-ment, a écrit M. Guizot, à travers tant de vices, elleeut des mérites; elle prit à cœur la royauté et laFrance; elle défendit de son mieux, contre les Guiseset lEspagne, lindépendance de lune et de lautre, nevoulant les livrer ni aux partis extrêmes ni à. létran-ger. »

Lessentiel pour Catherine, cétait davoir délivré,'par lédit dAmboise, le sol de la France. Quant auxdispositions de cet édit et à la sagesse des partis à lesobserver et maintenir scrupuleusement, elle croyaitpeu à leur durée. Elle-môme était secrètement résolueà les battre en brèche. Elle ne se dissimulait pas,dailleurs, que celte paix nétait quune trêve, et disaitmême que « cétait reculer pour mieux sauter ». Tou-tefois, elle sut profiter fort habilement de cette trêvepour faire reprendre, par un corps darmée mi-particatholique mi-parti protestant, la ville du Havre, quele prince de Gondé, pour gage dune somme impor-tante, avait eu la faiblesse de livrer à la reine dAn-gleterre (2).

(1) Le seizième siècle et les Valois.

(2) V. Chantelauze, article cité.