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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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Coligny, dont linfluence occulte se fait sentir danstous ces événements, reprocha amèrement au princede Condé davoir, dun trait de plume, par lédit dAm-boise, ruiné plus déglises protestantes « que toutes lesforces ennemies nen eussent pu abattre en dix ans ».

Les haines étaient bien loin de sapaiser. LéditdAmboise mécontentait les deux partis; chacun seplaignit des concessions faites à lautre. Bien plus,les huguenots, au lieu de dissimuler leurs sentiments,se réjouissaient de lassassinat de M. de Guise, qui lesdélivrait de la peur que ce chef toujours invincible leurinspirait, et ce fut par tout le royaume une explosionde joie infâme, à la nouvelle du crime de Poltrot.

« Jai connu en ma jeunesse, raconte Louis Auberydu Maurier, la femme du sieur Alard, capitaine dansles trouppes françoises de Hollande, tellement aveu-glée du faux zèle de la religion de Calvin, quellemontroit à tout le monde le portrait de Poltrot, peintcomme une Judit, ayant tué Iloloferne, quelle avoitdans la ruelle de son lit, comme un grand martyr, etquelle regardoit comme le libérateur du petit trou-peau (1). »

Les calvinistes exaltent donc lexécrable meurtrierjusquaux nues. Ils lappellent le libérateur, le dixièmepreux. Il composent des chansons en lhonneur de las-sassin.

Cet unique PoltrotSur qui tomba le lotDe retirer de presseLe parti huguenotDans sa grande détresse.

(1) Mémoires pour servir à l'histoire de la Hollande et desProvinces-Unies, p, 160. Palis, 1680.