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l’amiral de coligny
Ils menacent tous les princes lorrains :
Autant que soient de Guisards demeurés,
Autant est-il en France de Mérés.
« Leur haine poursuit le duc de Guise dans son lin-ceul. Ils l’accusent, ils le maudissent, ils le vouent àl’enfer éternel. Sa belle-mère, Renée de France, du-chesse de Ferrare, s’émeut dans son château de Mon-targis. Elle écrit à Calvin, et réclame avec un fermebon sens contre les injustices des protestants. Sansexcuser les défauts de son gendre, « en ce qu’il n’avait« pas la connaissance de la vérité, » elle affirme qu’il asouvent protégé des villes entières de calvinistes, etqu’il a sauvé de la confiscation, du pillage, de l’in-cendie, le manoir de Châtillon, résidence de l’amiral.Elle relève son gendre et le revendique, au milieu desfureurs de son parti. Elle ajoute ces dernières paroles :« Je scay qu’il a persécuté, mais je ne scay pas, ny« ne crois qu'il soit réprouvé du Seigneur I » C’est ainsique celte courageuse princesse, tout en gardant sa foi,triomphait, par une explosion de la nature, des calom-nies et des fanatismes déchaînés (I). »
Coligny fut-il réellement le complice de Poltrot deMéré? Nous n’hésitons pas à répondre affirmative-ment, et les différents témoignages que nous avonscités, sont corroborés par tant d’autres, par l’aveumême du coupable, aveu de complicité morale, queles plus énergiques défenseurs de' l’amiral ne sauraientles révoquer en doute. Aucun de ses contemporainsne s’y méprit. Dès le jour du crime, un ouragan fu-
it) Daroaud : Histoire de la Liberté religieuse, t. II, I. XXI.