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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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lamiral de coligny

Ils menacent tous les princes lorrains :

Autant que soient de Guisards demeurés,

Autant est-il en France de Mérés.

« Leur haine poursuit le duc de Guise dans son lin-ceul. Ils laccusent, ils le maudissent, ils le vouent àlenfer éternel. Sa belle-mère, Renée de France, du-chesse de Ferrare, sémeut dans son château de Mon-targis. Elle écrit à Calvin, et réclame avec un fermebon sens contre les injustices des protestants. Sansexcuser les défauts de son gendre, « en ce quil navait« pas la connaissance de la vérité, » elle affirme quil asouvent protégé des villes entières de calvinistes, etquil a sauvé de la confiscation, du pillage, de lin-cendie, le manoir de Châtillon, résidence de lamiral.Elle relève son gendre et le revendique, au milieu desfureurs de son parti. Elle ajoute ces dernières paroles :« Je scay quil a persécuté, mais je ne scay pas, ny« ne crois qu'il soit réprouvé du Seigneur I » Cest ainsique celte courageuse princesse, tout en gardant sa foi,triomphait, par une explosion de la nature, des calom-nies et des fanatismes déchaînés (I). »

Coligny fut-il réellement le complice de Poltrot deMéré? Nous nhésitons pas à répondre affirmative-ment, et les différents témoignages que nous avonscités, sont corroborés par tant dautres, par laveumême du coupable, aveu de complicité morale, queles plus énergiques défenseurs de' lamiral ne sauraientles révoquer en doute. Aucun de ses contemporainsne sy méprit. Dès le jour du crime, un ouragan fu-

it) Daroaud : Histoire de la Liberté religieuse, t. II, I. XXI.