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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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lamiral de coligny

effet lui fit délivrer vingt éeus, sans lui tenir autre lan-gage ni propos, et sans jamais lui faire mention de tuerou de ne pas tuer ledit seigneur de Guise ».

Il était, en effet, assez inutile de tenir « dautrespropos » à un homme qui se vantait de tuer le duc deGuise dans son camp, lorsquil lenvoyait dans ce campmême en qualité despion. Il reconnut de même luiavoir encore donné de largent à dautres reprises. Ilavoua se souvenir que Poltrot savança un jour jusquàdire quil serait aisé de tuer le duc de Guise, mais ilsoutint que lui, Coligny, ninsista pas sur cet article.Enfin, il se borna à nier purement et simplement toutesles autres dépositions de Poltrot (1).

Lopinion de Dargaud est assez curieuse à men-tionner; elle constitue un quasi-aveu.

« Sa part, la voici, dit-il :

« Il ne doutait pas que le duc de Guise neût ourdiun complot contre sa vie, et, dans cette persuasion, ilne se croyait plus obligé de sauver celui qui voulait leperdre. Sous lobséssion de ses ressentiments, il en-tendit, sans le réprimander, Poltrot déclarer quilimmolerait le duc de Guise, dés que loccasion seraitfavorable. Peut-être Coligny pensa-t-il que cétaientparoles en lair et forfanterie de soldat. Ce quil y adincontestable, cest quil demeura muet. Yoilà safaute. Cette faute, cest son silence. Il nencouragea pasle crime, mais il ne le découragea pas non plus. Cestune tache dans la renommée de Coligny. »

La reine et le Parlement esquivèrent la confrontationexigée par Coligny. Poltrot était écartelé depuis le

(1) Gaspard de Coligny, par le prince Eugène do Caraman-

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