Buch 
L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
Seite
173
JPEG-Download
 

L AMIRAL BE COLIGNY

173

18 mars, lorsquaprès lédit de paix, lamiral rentra,comme dans une haute retraite, sous les arceaux deson manoir de Châtillon. Il apprit bientôt que les parti-sans des Guise et les catholiques ne le tenaient pointpour justifié. Loin de, ils laccusaient plus quejamais, lappelant assassin et banquier dassassin.Coligny reprit la plume, et écrivit un second mémoire,dans lequel il avouait que le duc de Guise a étaitlhomme de toute larmée quil avait cherché le plus lejour de la bataille dernière... que sil eût pu braquerun canon contre lui, il leût fait; quil eût semblable-ment commandé à dix mille arquebusiers, sil les eûteus à son commandement, de lui tirer entre tous lesautres, fût-ce en campagne, au-dessus dune murailleou derrière une haie. Bref, quil neût épargné aucunmoyen de ceux que le droit des armes permet au tempsdhostilité pour se défaire dun si grand ennemi quecelui- lui était, et à tant dautres bons sujets duroi... »

Les Guise voulurent dès labord intenter une actionjudiciaire contre lamiral. Il y avait bien un arrêt duConseil interdisant aux deux maisons de Guise et deChâtillon de rien entreprendre lune contre lautre, etmême de faire aucune démarche en justice jusquà denouveaux ordres du roi, mais ces retards, prolongéspar la politique de Catherine, qui aimait à user parle temps les situations difficiles, devaient avoir unefin.

Tous les membres, tous les amis de la maisonde Guise, sétaient, grâce aux soins actifs du ducdAumale et du marquis dElbeuf, assemblés dansle dessein de donner plus de poids à une démarche par

10.