L AMIRAL BE COLIGNY
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18 mars, lorsqu’après l’édit de paix, l’amiral rentra,comme dans une haute retraite, sous les arceaux deson manoir de Châtillon. Il apprit bientôt que les parti-sans des Guise et les catholiques ne le tenaient pointpour justifié. Loin de là, ils l’accusaient plus quejamais, l’appelant assassin et banquier d’assassin.Coligny reprit la plume, et écrivit un second mémoire,dans lequel il avouait que le duc de Guise a étaitl’homme de toute l’armée qu’il avait cherché le plus lejour de la bataille dernière... que s’il eût pu braquerun canon contre lui, il l’eût fait; qu’il eût semblable-ment commandé à dix mille arquebusiers, s’il les eûteus à son commandement, de lui tirer entre tous lesautres, fût-ce en campagne, au-dessus d’une murailleou derrière une haie. Bref, qu’il n’eût épargné aucunmoyen de ceux que le droit des armes permet au tempsd’hostilité pour se défaire d’un si grand ennemi quecelui-là lui était, et à tant d’autres bons sujets duroi... »
Les Guise voulurent dès l’abord intenter une actionjudiciaire contre l’amiral. Il y avait bien un arrêt duConseil interdisant aux deux maisons de Guise et deChâtillon de rien entreprendre l’une contre l’autre, etmême de faire aucune démarche en justice jusqu’à denouveaux ordres du roi, mais ces retards, prolongéspar la politique de Catherine, qui aimait à user parle temps les situations difficiles, devaient avoir unefin.
Tous les membres, tous les amis de la maisonde Guise, s’étaient, grâce aux soins actifs du ducd’Aumale et du marquis d’Elbeuf, assemblés dansle dessein de donner plus de poids à une démarche par
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