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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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laquelle ils se promettaient de confondre ou du moinsdembarrasser gravement leurs ennemis. Attendre pluslongtemps, ceût été risquer de ne pouvoir demeurerréunis; aller trouver la cour dans un bourg obscur deNormandie, cétait, dautre part, se priver de lavantagedagir directement sur des spectateurs nombreux,dévoués, cétait compromettre, sans doute, un côté delelfet politique de leur démonstration. Pressés par letemps, par les conjonctures, les princes lorrains sar-rêtèrent pourtant à ce dernier parti.

Laissons maintenant la parole à M. de Bouillé (1).

« Antoinette de Bourbon, sortie de sa retraite deJoinville, désignée pour porter la parole en cette graveoccasion, et suivie de sa belle-fille, la duchesse deGuise, de ses fils dAumale, dElbeuf, du cardinalLouis, de son cousin le comte de Yaudémont, ducardinal de Bourbon, des ducs de Montpensier, deLongueville, de Nemours et dun nombre considérabledamis de sa maison, arriva à Meulan le 26 septembre.Tout ce cortège était revêtu dhabits de deuil; lesprincesses portaient de grandes robes à queues traî-nantes, les femmes de leur service avaient le visagecouvert de voiles noirs et faisaient entendre de pro-fonds gémissements (2).

« Cest au moment, après avoir entendu les vê-pres, Charles IX va sortir de léglise que cette familledésolée, mais non moins politique, se précipitant à sespieds, lui soumet une requête signée de tous lesprinces et princesses présents. Il y est demandé aumonarque « dadministrer justice et de permettre aux

(1) René de Bouille : Histoire des ducs de Guise, t. Il, p. 313et suivantes.

(2) Pérau : Vie du duc Henri de Guise. De Thou, liv. XXXV.