l’amiral de coligny
178
entamée faute de juges non suspects aux yeux des deuxpartis également. La reine mère en est si bien venueà ses fins que, sur une nouvelle supplique présentée,le 4 janvier 1564, par la duchesse de Guise, persis-tant d’ailleurs en toutes ses requêtes précédentes,Charles IX, le lendemain, déclare se réserver person-nellement la connaissance du procès, en fixant cepen-dant, vu son jeune âge, un délai de trois ans pour ydonner suite.
Afin d’appuyer ses propres objections, Coligny,contrevenant à la défense royale qui le concernait aussibien que les Guise, et qui fixait à leurs cortèges res-pectifs un maximum de quarante personnes, étaitarrivé à Paris, avec une escorte de cinq ou six centsgentilshommes, dans une attitude capable d’intimiderla cour. Les Guise, jugeant opportun d’éviter en cemoment une collision, se sont d’abord retirés et,pour ainsi dire, retranchés dans leur hôtel. Le ducd’Aumale, le marquis d’Elbeuf et leurs neveux per-sistent à n’en point sortir; la duchesse et le cardinalde Guise seuls se rendent quelquefois au Louvre pourne pas paraître prendre la fuite devant leurs adver-saires, mais « ils n’y font jamais un long séjour ».Anne d’Est subit même, de la part de sa mère, laduchesse de Ferrare, confidente et protectrice desréformés, l’instance recommandation de « perdre lamauvaise opinion qu’elle a d’un chevalier si importantet de bien comme l’amiral ».
M. de Caraman résume très clairement le récit unpeu long de M. de Bouillé, et prend parti contre Coli-gny, dont il ne met pas en doute la culpabilité, bienqu’il lui cherche des circonstances atténuantes.
Les Guise, dit-il, « voulaient que les coupables