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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l'amiral de coligny

fussent traduits devant le Parlement. Cétait juste-ment ce que lamiral redoutait davantage, et il deman-dait que la cause fût évoquée au conseil du Roi :« Rien, disait Anne dEst, ne serait plus inique que debailler, à un accusé dun tel crime, juges par luidemandés et poursuivis. »

Lamiral répondit à la demande des Guise par satroisième « apologie ». Ce qui est fort curieux dans cedocument, cest que lamiral, si grand défenseur dudroit de la nation, toujours si prêt à en appeler auxassemblées, aux États Généraux, contre les [abus dupouvoir, soutient ici, dans lintérêt de sa cause, unethèse singulièrement différente. « Quoi que M ms deGuise puisse supposer par ses requestes, dit-il au Roi,la justice, administration et distribution dicelle, esten vostre main non liée, ni obligée à Cour de Parle-ment ou autre pour, soit de volonté, soit par jus-tice, la raison et nécessité le requérant, la commettre àqui bon semblera; comme vous et vos prédécesseursavez fait en plusieurs cas et exemples. » Il terminaitson apologie par les accusations les plus violentescontre le feu duc de Guise, auquel il reprochait, entreautres choses, davoir pris les armes sans laveu duRoi.

« M. ladmirai de Chastillon ne se fust sauvé dumeurtre deM. de Guise sil eust été subjet des Suisses. »Voilà ce que pense Gaspard de Tavannes de la demandedévocation au Conseil. La cour, fort embarrassée, nerépondait rien aux requêtes, et se bornait à sefforcerdempêcher des collisions sanglantes, en réglant lenombre de gentilshommes que les chefs des deuxpartis pouvaient avoir avec eux. On ne tenait guèrecompte de ces ordonnances, et la haine et la rivalité