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il arriva au mois de novembre. Frappé de tous côtés duspectacle des églises dévastées et des ruines amon-celées par les huguenots, il en conçut contre eux, aurapport de Davila, une sorte d’aversion et de dégoût.En môme temps, il continuait de recevoir partout lesplaintes des protestants contre les violences des gou-verneurs qui n’observaient pas les édits.
Après un repos de quelques semaines à Blois, la course rendit à Moulins, où l’on avait convoqué, pour lemois de janvier 1566, une assemblée composée despersonnages les plus considérables du royaume et desprésidents de tous les parlements de France. La reineavait deux buts ; elle voulait réconcilier les grands etpréparer un nouvel édit.
Elle réconcilia, en effet, comme nous l’avons dit, lesGuise et les Châtillon.
L’ordonnance de Moulins, publiée malgré une vio-lente altercation entre le cardinal de Lorraine etl’Hôpital, résumait en un corps de quatre-vingt-sixarticles les réformes que le chancelier apportait auxlois. Cette ordonnance de Moulins est demeurée labase de la législation française jusqu’à la révolution.
Après la double réconciliation de Moulins, la courrentra à Paris. La paix intérieure n’existait pas;c’étaient chaque jour de nouvelles collisions.
Coligny et les autres chefs des réformés de France,mécontents des modifications apportées à l’édit d’Am-boise et de l’attitude que semblait prendre Catherinede Médicis, inquiets du sort réservé à leurs coreli-gionnaires dans une contrée aussi voisine, et frappésde la force croissante d’agression des puissancescatholiques depuis le concile de Trente, craignirent
il.