l’amiral de coligny
199
disgracié, et les sceaux, donnés à Jean de Morvilliers.
Les deux partis posèrent donc les armes, mais avecune égale défiance l’un de l’autre, en songeant déjàaux moyens de les reprendre avec avantage. Unetentative de la cour, pour arrêter Coligny et Condé,ralluma pour la troisième fois la guerre civile. Lescalvinistes, qui avaient conservé la Rochelle, en firentle chef-lieu du protestantisme. Ils y furent rejoints parJeanne d’Albret, veuve du roi de Navarre, et par sonfils, le prince de Béarn. Le duc de Deux-Ponts et leprince d’Orange leur avaient amené de nombreux se-cours de l’Allemagne. Elisabeth leur fit, à son tour,parvenir de l’or, des canons et des munitions deguerre. Ainsi soutenus par l’Allemagne, l’Angleterreet la Navarre, les huguenots envahirent l’Aunis, laSaintonge, l’Angoumois et le Poitou (t).
Dans le Midi, la guerre recommençait avec la pluseffrayante férocité; les protestants, maîtres d’un grandnombre de villes, chassent partout des couvents et deséglises les prêtres, les moines et les religieuses. Usdépouillent les sanctuaires de leurs ornements, etquelquefois démolissent les édifices. A Nîmes, ils pil-lent l’évêché, égorgent soixante-douze catholiques qu’onentassa dans le puits de l’évêque.
De part et d’autre, dit M. de La Ferrière (2), oncherchait à augmenter ses forces ; mais si, à prix d’ar-gent, on s’arrachait les Allemands, c’est encore sur lespropres ressources de la France que l’on comptait le
(1) L’abbé Mury : Histoire politique et religieuse de la France.
(2) Comte H. de la Ferrière : le Seizième siècle et les Valois,d’après les documents inédits du British Muséum et du Recordoffice.