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l’amiral de coligny
les huguenots violèrent la capitulation, et Montgom-mery fit égorger les gentilshommes pris dans le châ-teau. Le Béarn resta en proie aux calvinistes, et aprèstrois siècles, le souvenir de leurs fureurs est restéprofond dans l’esprit du peuple. Le maréchal de Dam-ville et Montluc parurent à leur tour; mais leur actionfut sans unité. Maîtres de Mont-de-Marsan, ils pou-vaient de là accabler Montgommery; leur mésintelli-gence le sauva et les armes protestantes dominèrentjusqu’à Condom (1).
Un autre souvenir non moins sanglant appartientà cette époque : c’est celui des deux Michelades, mas-sacres nocturnes exécutés par les calvinistes (1567 et1569) à Nîmes, où l’on montre encore le puits del’évêché, qui fut comblé des corps mutilés de deuxcents catholiques.
La cour s’épouvanta de ces horreurs, et le systèmede modération politique conduisit par degrés, commeil arrive trop souvent, à des choses extrêmes. LeParlement, à la requête de Gilles Bourdin, procureurgénéral, condamna à mort l’amiral de Coligny, commefélon, rebelle et criminel de lèse-majesté ; sa tête futmise au prix de 50 000 écus d’or. Montgommery et levidame de Chartres furent frappés d’un arrêt sem-blable, l’un pour ses cruautés dans le Béarn, l’autrepour les intrigues auxquelles il s’était livré en Angle-terre, à l’effet d’en obtenir des secours. L’effigie destrois condamnés fut exposée en place de Grève ; l’arrêtfut publié en France et répandu ensuite dans toutel’Europe. La charge d’amiral fut donnée au marquisde Villars.
(1) L’abbé Mury : Histoire de France.