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l’amiral de cougny
pression de la plus vive colère : « Savez-vous que le« duc d’Albe me fait mon procès? » De telle sorte quecela, et les termes insolents et furieux dont usa le dueauparavant à l’égard de l’agent du roi de France, quirésidait auprès de lui, terme des plus étranges etintolérables (comme le dit alors la reine elle-même), ilne fut pas difficile à l’amiral,, en l’absence de la reine,pendant qu’elle était allée rencontrer la duchesse deLorraine, d’amener de nouveau le roi à vouloir laguerre. »
Mais la reine mère s’aperçut avec terreur de l’ascen-dant de plus en plus marqué chaque jour que prenaitColigny sur le roi son fils; elle comprit le crédit quedonnerait à l’amiral une guerre décidée d’après sesconseils, conduite et commandée par lui et ses amis.Un tel résultat eût été la chute irréparable de son pou-voir; elle chercha dès cette heure à mettre en œuvretous les moyens pour l’empêcher, et fil cause communeavec les partisans de la paix. Charles IX, de son côté,malgré la confiance qu’il témoignait à Coligny, malgrél’énergie apparente de sa capricieuse volonté, flottaitincertain entre des influences si diverses, et cherchaità gagner du temps. Son esprit troublé aurait voulufaire peser sur tous la responsabilité de cette gravedétermination ; et, désirant donner à l’affaire la solen-nité et la mûre réflexion qu’elle méritait il demanda àl’amiral de rédiger un mémoire dans lequel il expose-rait les avantages de son plan, les moyens de l’exécuter,les chances de succès qu’il présentait. Ce serait la based’une nouvelle délibération du conseil.
Coligny possédait à l’ordinaire une chaleur d’impro-visation et une énergie de langage capable de rallier à