l’amiral de CÔLIGNY
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remords en vomissant son sang, en poussant des san-glots, en versant des torrents de larmes, abandonné detout le monde, seulement secouru et consolé par unenourrice huguenote (1)! N’y aurait-il pas quelque pitiépour ce monarque de vingt-trois ans, né avec des talentsheureux, le goût des lettres et des arts, un caractèrenaturellement généreux, qu’une exécrable mère s’étaitplu à dépraver par tous les abus de la débauche et dela puissance? Charles IX avait dit à Ronsard, dans desvers dont Ronsard aurait dû imiter le naturel et l’élé-gance :
Tous deux également nous portons des couronnes,
Mais, roi, je la reçois ; poète tu la donnes.
« Heureux si ce prince n’avait jamais reçu une cou-ronne doublement souillée de son propre sang et decelui des Français, ornement de tête incommode pours’endormir sur l’oreiller de la mort ! »
L’aîné des frères du roi, Henri, duc d’Anjou, était àla cour de son frère ce que fut plus tard Philipped’Orléans à la cour de Louis XIV. Tout jeune, à dix-septans, il promettait quelque vaillance, dit M. Baschet;de Moncontour et de Jarnac il ne revint pas sanshonneur : « Il aspire, écrivait l’ambassadeur vénitien,Aloise Fontarini, il aspire à de grandes dignités, parcequ’il voit bien que, restant en France, un momentviendra où il ne sera rien de plus que les autres princesdu sang. » Un autre Vénitien, Jean Gorrer, le caracté-
(1) Autant do phrases, autant d’erreurs ! Nous prouverons bientôtque Charles IX. n’a point tiré sur les huguenots, et que sa mort,pour être cruelle, n’a point été aussi dramatique que la représentele romancier déguisé on historien.