l’amiral de coligny
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ordres, et lui rendait compte de tout ce qui se passait;ils échangeaient des lettres fréquentes, et le jeunelieutenant témoignait une louchante sollicitude pourson vieux général. »
Mais la plus haute et la plus belle figure de cettecour des derniers Valois est celle de Catherine deMédicis.
« Des éloges de courtisan ou des condamnationsfanatiques, les pages de Brantôme, l’homme de courachevé, ou les pages de Henri Estienne, le huguenotimmodéré, « des flatteries impudentes ou des mesdi-sances affectées », voilà ce que nous ont laissé surCatherine de Médicis les livres écrits par ses contem-porains. Il faut aller à d’autres sources, contempo-raines aussi, pour découvrir la vraie Catherine, lavraie reine-mère qui a tenu pendant tant d’années dansses mains le jeu de la politique de la France, en untemps où les passions ennemies, sous couvert etmanteau de religion, ont abreuvé d’amertume etrempli de sinistres le plus beau des royaumes. Vousvoulez connaître la reine mère, la voir et l’entendre?Interrogez les diplomates qui l’ont connue, qui l’ontvue et l’ont entendue presque chaque jour; ils étaientaux abords de son trône, ils avaient accès à soncabinet; leur devoir était d’être aux écoutes de sonconseil, de surprendre le secret de ses luttes, d’endéfinir les moyens ; interrogez ceux qui, avec autantde sang-froid que d’impartialité, ces conditions d’unjugement sain et droit, ont attaché des regards aussiattentifs que pénétrants sur le flux et le reflux desvicissitudes du royaume sous un tel règne. Les Véni-tiens ont excellé à peindre Catherine et à soulever le