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l’amiral de coligny
voile de ses intentions et de ses procédés; ils ont connuson âme et son esprit. A son égard, leurs paroles onttrouvé le moyen terme entre les flatteries serviles etles jugements amers; ils ont produit la lumière quimet en son vrai jour la figure de la plus politique desfemmes, mêlée pendant le cours de ces trois règnes àtoutes les secousses d’un gouvernement qu’agitaientdo grandes fièvres à un profond degré (I).
Jean Correr écrivait en 1569 :
Cette reine tient du caractère de ses ancêtres; elledésire en conséquence laisser mémoire d’elle après sa mortpar des édifices, des bibliothèques et des collections d’an-tiquités. Elle a commencé de tout cela et a dù laisser toutdo côté pour s’occuper d’autre chose ; elle se montre prin-cesse affable, courtoise, aimable avec chacun, et fait pro-fession de ne laisser personne la quitter sans être satisfait,ce qu’elle fait au moins avec dos paroles, dont elle est trèslibérale. Elle est assidue aux affaires, au grand étonne-ment de chacun; car il ne se fait ni ne se traite rien, sipeu important que ce soit, sans son intervention. Elle nemange ni ne boit, ou dort à peine, sans avoir quelqu’unqui lui bourdonne aux oreilles; elle court çà et là dans lesarmées, faisant ce que devraient faire les hommes, sansaucun ménagement do sa vio. Avec tout cela, elle n’estaimée de personne dans ce royaume, ou, si elle l’est,c’est de peu. Les huguenots disent qu’elle les amusait parde belles paroles et de feintes caresses, puis s’entendait del'autre côté avec le roi catholique et machinait leur des-truction; les catholiques, au contraire, disent que si ellen’avait pas favorisé les réformés, ils n’auraient pu faire cequ’ils ont fait. De plus, au temps actuel en France, chacunest plein de présomption, et demande hardiment tout ce
(1) Armand Baschet : la Diplomatie vénitienne.