282 l’amiral de coligny
leuse et brutale d’un vieux soldat qui se croit néces-saire.
« L’amiral, dit le président Bellièvre, menaçait àtout propos le roi et la reine d’une nouvelle guerrocivile, pour peu que Sa Majesté se rendît difficile à luiaccorder ses demandes, tout injustes et déraisonnablesqu’elles fassent : lorsque le roi ne voulut point, selonson avis, rompre la paix avec le roi d’Espagne pourlui faire la guerre en Flandre, il n’eut point honte delui dire en plein conseil, et avec une incroyable arro-gance, que si Sa Majesté ne voulait pas consentir àfaire la guerre en Flandre, elle se pouvait assurer del'avoir bienlôt en France entre ses propres sujets. Il n’ya pas deux mois que Sa Majesté, se ressouvenant d’unetelle arrogance, disait à aucuns siens serviteurs entrelesquels j’étais, que, quand il se voyait ainsi menacé,les cheveux lui dressaient sur la tôle (I). »
C’étaient bien là les façons d’agir d’un homme quiavait ollert au roi de lever dix mille hommes en sonnom pour faire la guerre en Flandre, proposition sédi-tieuse à laquelle Tavannes avait répondu, en s’adres-sant au roi :
« Sire, celui de vos sujets qui vous porte de telles« paroles, vous lui devez faire trancher la tête. Gom-« ment vous offre-t-il ce qui est à vous? C’est signe« qu’il les a gagnés et corrompus, et qu’il est chef« de parti à votre préjudice. Il a rendu ces dix mille« vos sujets h lui pour s’en aider h un besoin contre« vous. »
Ainsi les projets révolutionnaires de Coligny n’étaientignorés de personne, et le roi lui-même sentait cruol-
( 1 ) liai angue de Bellièvre,