l’amiral de C0L1GNY 283
lement peser sur lui la tyrannie de celui qu’il appelait :« Mon père l’amiral. »
« Catherine, en toutes ces choses, louvoyait curieu-sement. L’ardeur de l’amiral à séduire le Roi l’inquiéta :l’ardeur de son fils à rechercher la compagnie del’amiral réveilla de vieilles haines, en même tempsqu’ello inspira de sanglantes représailles. Elle feignitd’abord de désirer la guerre. Il paraît prouvé (l'ambas-sadeur l’affirme) que le Roi et elle firent môme direau prince d’Orange de commencer les hostilités, l’assu-rant qu’ils ne lui feraient point faute (I).
« Philippe II en fut informé : de là cet ordre donnéà son armée de ne pas aller aux affaires du Levantpour rejoindre les forces vénitiennes, avec lesquelleset par lesquelles on avait vaincu à Lépante. L’amiralne se put contenir; voulant user des dispositions sin-cères du roi, apparentes de la reine, il poussa à cemalheureux commencement de l’entreprise dans lesFlandres. Le peu de succès qui en résulta refroidit leroi : cependant, lorsqu’il sut les procédés du duc d’Albeà l’endroit des prisonniers, tels que Genlis et autres,auxquels le duc arrachait par la torture l’aveu que leroi do France les avait poussés à cette tentative, l’irri-tation de Charles IX atteignit toute violence, ainsi quenous l’avons dit plus haut.
« L’amiral, dit le Vénitien, se servit habilement del’occasion de cette conduite du duc, et jeta le roi dansune telle indignation, qu’il ne connaissait plus de limi-tes, et qu’il ne se trouvait pas avec un de ses confidentssans lui dire avec l’expression de la plus vive colère :
(1) Giovanni Miciiiei.i, sa Relation de 1572. RaccoHa Albert,t. XI, p. 278.