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l’amiral de coligny
« Savez-vous que le duc d’Albe me fait mon procès? »« De telle sorte que cela, et les termes insolents etfurieux dont nsa le duc auparavant à l’égard de l’agentdu roi de France, qui résidait auprès de lui, termes desplus étranges et intolérables (comme me le dit alors lareine elle-même), il ne fut pas difficile à l’amiral, enl’absence de la reine, pendant qu’elle était allée rencon-trer la duchesse de Lorraine, d’amener de nouveau leroi à. vouloir la guerre. Pendant quatre ou cinq jourscontinus, la guerre fut regardée dans Paris commedéclarée; on en parlait publiquement. A toute heure onfaisait des engagements de troupes de cavalerie etd’infanterie. Tel ou tel gentilhomme s’offrait, l’un aveccinq cents chevaux, l’autre avec mille, chacun selon sesmoyens, et le tout à ses risques et dépens. Ainsi l’ami-ral avait habilement su faire cet ouvrage. »
« Il est certain qu’alors, pour un instant, l'amiraléclipsa la reine mère : le roi était si bien capté qu’il luiconsacrait des journées entières; le soir dans soncabinet au Louvre, l’amiral demeurait avec lui jusqu’àune heure fort avancéedans la nuit (4). »
« Catherine se sentait blessée dans sa passion la plusvive, passion caractérisée par cette belle expression duVénitien, dite à son propos : l’affetto di signoreggiare.L’amiral lui enlevait son petit, qu’elle avait si biendressé à lui obéir et à ne rien vouloir en dehors de savolonté. La déclaration d’une guerre — cet acte le plusgrave, ce fait de la responsabilité la plus haute —aurait été osée sans qu’elle la voulût et qu’elle ladécidât! Elle, qui, par tant de sacrifices, tant de fati-gues, tant de dissimulations, tant de sagacité et de
(lj Armand I5\sciiet : la Diplomatie vénitienne.