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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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L’AMIRAL DE C0L1GNY

« misérable. Vous vous cachez de moi... Je scay quea vous tenez des conseils secrets avec l’admirai. La« guerre d’Espagne, dont de Sauve m’a parlé, malgré« vostre défense formelle, mettra vostre royaume en« proie à ceux de la religion... Avant que voir cela,«. donnez-moi congé et esloignez de vous vostre frère,« qui se peut nommer infortuné d’avoir employé sa« vie pour conserver la vôtre. » Le roi étonné, ému,malgré sa méfiance envers la finesse de sa mère et en-vers l’ambition de son frère, avoue et promet obéis-sance. 11 court même jusqu’à Monceaux, où Catherinede Médicis s’était retirée mécontente pour passer lanuit, et là, devant Tavannes et de Rets, se laisse ànouveau transformer en ennemi des huguenots, luileur ami quand il parlait avec Goligny (1 ).

C’est alors que Catherine de Médicis, lasse de l’arro-gance de l’amiral et des provocations des huguenots,se résolut à le faire tuer, le voyant trop puissant pourle pouvoir traduire devant un tribunal régulier et re-quérir sa condamnation.

Les écrivains italiens, contemporains ou postérieurs,ont pour la plupart prétendu qu’elle avait projeté depuislongtemps de frapper Colignv, qu’el'e l’avait attiré parune longue et froide dissimulation, lui et les huguenots,dans un piège, et que la Saint-Barthélemy avait étépour elle le résultat de combinaisons profondes etmachiavéliques. Ennemis ou maladroits amis, car plu-sieurs d’entre eux en ont pris sujet d’admirer sonhabileté, ils lui ont attribué ainsi une certaine grandeurdans le mal qu’elle n’eut jamais. La relation de l’ambas-

(1) Colonel E. de la Barre Duparc : Histoire de Charles /.Y.