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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral de coligny

de retourner à Florence, avait proposé à Coligny desoumettre à un conseil le projet d'intervention enHollande, ce qui équivalait à abandonner le projet,l’amiral avait laissé échapper des paroles de menaces,dont les huguenots essayèrent d’atténuer le sens, maisqui effrayèrent tellement Catherine, qu’à partir de cejour elle prit la résolution d’en finir avec lui. Ce qui laconfirma de plus en plus dans ce sinistre dessein, ce futla nouvelle que son fils Charles IX était retombé secrè-tement sous l’influence de Coligny. Bientôt, fatiguéd’clre tenu en laisse par sa mère et par son frère, ceprince rentra dans la politique du chef des huguenots.D’après ses conseils, il sollicita le concours actif de lareine d’Angleterre, et il ordonna à Biron, grand maîtrede l’artillerie, dévoué aux calvinistes, de dresser unétat des canons et des munitions en dépôt dans lesarsenaux. En rentrant à Paris pour assister aux nocesde sa sœur Marguerite, afin de prévenir toute collisionentre les Guises et les huguenots, il exigea des deuxpartis le serment de ne pas en venir aux mains; et,prévenu que les Guises arrivaient avec une nombreusesuite, il fit venir douze cents arquebusiers pour pro-téger l’ordre et en même temps la vie de Coligny. Lasincérité de ses sentiments pour l’amiral et son entièrebonne foi semblent jusqu’à ce moment-là hors de doute.Il n’ignorait pas la haine profonde que sa mère et sonfrère d’Anjou portaient à Coligny. Un jour, au momentoii l’amiral venait de quitter Charles IX, ce prince,ayant aperçu son frère qui entrait, porta aussitôt lamain à sa dague, et se promena à grands pas, répri-mant à peine sa colère. D’Anjou, profitant d’un momentoù son frère lui tournait le dos, parvint à gagner laporte et courut tout tremblant raconter à sa mère le