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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral DE C0L1GNY

Or M. Armand Baschet, dans son beau livre laDiplomatie vénitienne, affirme, d’après la relation del’ambassadeur de Venise en France à celte époque, etd’après les dépêches du nonce, « que le coup fut tirépar un capitaine florentin nommé Picr Paolo Tosinghi,favori intime du duc d’Anjou, et que Tosinghi s’envanta lui-même à un ami ». L’ambassadeur de Venise,dans celte même relation, assure, que, pour la Saint-Barthélemy comme pour le coup d’arquebuse qui eûtempêché le massacre, si Coligny eût succombé, toutfut concerté par la reine, « avec la seule participationdu duc d’Anjou », et que celui-ci se servit du bravo flo-rentin, parce qu’il ne trouva pas un seul Français à quise fier. Le duc d’Anjou et la reine furent donc encoreune fois tout ou presque tout dans le complot, avec lacomplicité tacite des Guises, mais sans l’avis du roi,qui jusqu’à la dernière heure ne sut rien. Philippe II,qu’on accusa d’avoir tout dirigé de loin, était moinsinstruit encore. Une lettre de lui au duc d’Albe, du28 septembre 1572, retrouvée il y a quelques années àSimancas, par M. Gachard, témoigne de sa surpriseaprès l’événement, et aussi, il est vrai, de sa satisfac-tion.

« A la nouvelle de l’attentat contre Goligny, Charles IXavait été saisi d’un de ses accès de fureur. Quand il futun peu rentré dans la possession de ses facultés, lelendemain, il voulut se rendre, avec sa mère et son frèreHenri de Valois, chez l’amiral. 11 croyait que le duc deGuise était seul auteur du meurtre; il ignorait que leshuguenots avaient saisi et reconnu l’arquebuse desgardes de Henri de Valois; il était décidé à en finir parun châtiment éclatant avec la maison de Guise, et