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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amibal DE COLIGNY 293

cherchait plutôt à exciter qu’à apaiser la colère desréformés.

« Catherine apprit, en entrant dans la chambre dublessé, qu’Ambroise Paré venait d’extraire la balle;elle eut assez de sang-froid pour dire à l’amiral ce motcruellement spirituel : — « Devant Orléans, on n’avait« pas pu arracher la balle de l’épaule de M. de Guyse »,comme pour mieux le torturer en lui rappelant lemeurtre dont il avait avoué alors s’être réjoui. Colignydemanda à parler en secret au roi : Charles IX s’avançaprès de son lit; l’entretien se prolongea (1). Catherine,embarrassée et inquiète, se voyait seule avec Henri deValois, qui tremblait de peur, au milieu des huguenotsmenaçants et armés. Elle avait lu des histoires dejeunes princes massacrés avec leur mère, pendant lesquerelles dos petits seigneurs d’Italie, quand ilsavaient eu la maladresse de s’aventurer au milieu de

(Il Rappelons, à ce propos, la spirituelle dissertation doil. Edouard Fournier, dans son livre l’Esprit dans l’histoire, surla parole que l’on attribue à. Charles IX, au chevet de Coligny.Cotte simple page fera comprendre comment se bâtit ce que nousappellerons la fiction historique ou, mieux encore, l'histoire doconvention.

« Ainsi, Charles dit à Coligny, —je prends dans le nombre la plussimple version du mot qui m’occupe ici, celle de l’historien doThon : « La blessure est pour vous, la douleur est pour moy. »Quelqu’un qui n’a entendu qu’il moitié, mais qui veut paraîtreavoir entendu tout à fait, répète la phrase comme il l’a recomposée,et l’on a cotte variante : « La douleur dos blessures est il vous,l'injure et l’outrage sont faicts il moy. » La parole du roi setrouve ainsi reproduite dans le Réveil-Matin des Massacreurs. Unautre se fait aussi l’écho de la royale parole, quoiqu’il n’en soitarrivé qu’un lambeau à son oreille, et nous avons cette troisièmeversion, c’est celle qui a été adoptée par le Laboureur : « Vousavez reçu le coup au bras, et moy je le ressens au cœur. »

Vous voyez la transformation : plus le mot marche, plus il prendses aises ; il grandit, il se prélasse dans sa formule amplifiée :crescit eundo.

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