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l’amiral de coligny
leurs ennemis ; peut-être en ce moment même, Coli-gny la dénonçait au roi et racontait la saisie de l’arque-buse; à tout prix, il fallait rompre cet entretien etsortir de cette foule malveillante; elle s’approcha dulit, et attirant à elle le Roi :
— « Il n’y a point d’apparence, lui dit-elle, de faire« ainsi parler si longtemps M. l’Admirai, je vois bien« que ses médecins et chirurgiens le trouvent mau-« vais (4). »
« Le Roi est sombre; il se tait. « Nous le trais-« nasmes hors du logis », raconte son frère. En ren-trant au Louvre, Catherine lui demande hardiment ceque disait l’amiral. Charles répond « en jurant par la« mort-Dieu », et dit : — « Il m’a fait comprendre« comment toute l’autorité s’est finement écoulée entre« vos mains, que je vous dois tenir pour suspecte, et« prendre garde. Eh bien ! mort-Dieu ! puisque vous« l’avez voulu savoir, c’est là ce que me disait l’aclmi-« ral(2), » Puis il s’enferme. « Nous demeurasmes, dit« Henri de Yalois, si dépourvus de conseil et d’enten-« dement que, ne pouvant rien résoudre à propos pour« ceste heure-là nous nous retirasmes (3). »
Nous pourrions, à la rigueur, nous contenter do cerécit de M. Porneron, mais nous trouvons, dans l'His-toire de la liberté religieuse, de Dargaud, quelques pagesd’un style si pittoresque et d’une exactitude de détailssi curieuse, qu’elles doivent nécessairement trouverplace, malgré leur inspiration protestante, dans cetteétude où les détails ont une importance. Nous les
(1) Discours du roy Henry troisième, etc.
( 2 ) Ibid.
(3) Ibid,, etc. Voir aussi la Popelinière, Histoire, etc.; et Ma-thieu, Histoire de France.