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l’amiral de coligny
reproduisons : « L’amiral avait autour de lui l’élite duparti protestant. Il était servi par le capitaine Moneins,par Téligny, par le jeune Cornaton, sorte de page, desecrétaire, d’aide de camp dévoué à Coligny dont ilavait le privilège, par une franche gaieté, de dérider lefront soucieux. M. Merlin, le chapelain de l’amiral,était au chevet du malade qu’Ambroise Paré examinaitdu regard scrutateur de la'science.
« Ce grand inventeur de la médecine et de la chi-rurgie modernes chérissait et vénérait Coligny delongue date. Il était accouru sans même avoir étéappelé. Dans sa précipitation, il s’était saisi d’instru-ments émoussés. Son action fut.prompte, car la cha-leur était extrême et la gangrène allait envahir la plaiede la main droite. Paré en coupa l’index avec de mau-vais ciseaux. Il s’y reprit à trois fois différenles. Ilpansa aussi le bras gauche et y pratiqua deux incisionstrès profondes.
« Coligny étouffa toute plainte. C’est lui quiencoura-geait ses amis. Pendant l’opération, Moneins, Télignyet Cornaton l’assistèrent. Touché de leurs larmes et decelles des capitaines huguenots, il leur dit :
« Ne pleurez pas, mes compagnons. Songez donc« que j’ai reçu ces blessures pour notre Dieu. »
« Au plus fort de ses angoisses, il se pencha versCornaton agenouillé et lui enjoignit tout bas deremettre à M. Merlin cent écus d’or pour les pauvresde Paris. Il remerciait Ambroise Paré et puis il s’adres-sait à Merlin, lui disant :
« Monsieur, c’est une grâce du Sauveur. Je suis en« sa puissance. Qu’il fasse de moi selon sa volonté. Je« ne redoute rien de lui. S’il m’arrache à ce monde,'« ce sera pour m’introduire dans son royaume éternel ;