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LAMl?.AL DE COLIGNY
« s’il me condamne à lutler sur celte terre, ce sera« pour me consacrer de nouveau à l’avancement de sa« gloire et au triomphe de la vraie foi. Dans l’un et« l’autre cas, je suis trop heureux. »
« Et comme des sanglots succédaient aux larmes,Coligny, le plus tranquille de tous en cette désolation,ajouta :
« Béni soit Dieu de m’avoir fait cet honneur de ne« pas me trouver indigne du saint combat. Implorons« à mon usage, dit-il à Merlin, le don le plus précieux,« le don de la persévérance. »
« Merlin, suffoqué par tant de magnanimité et .parles sursauts de son affection, se taisait. Les paroles nepouvaient sortir de sa poitrine oppressée.
« Eh quoi! dit Goligny, ne voulez-vous pas me con-« soler? »
« Alors Merlin exhorta pathétiquement l’amiral, leloua de sa patience, de sa résignation, entremêlant sondiscours de passages entiers des Écritures. Tout lemonde s’unit aux élans de Merlin, et Coligny plus quetout le monde. Malgré ses tortures, au lieu de crier,il priait. Il disait :
« Mon Dieu, ne m’abandonnez pas. Montrez-inoi« votre miséricorde accoutumée. »
u Rasséréné, comme il l’était toujours, par la piétéintérieure, l’amiral accueillit presque avec enjouementle maréchal Damville et le maréchal de Cossé.
« Il dit au maréchal de Cossé :
« Vous souvenez-vous de notre dernière conversa-it tion? Je vous prêchais la prudence, j’aurais dû me la« prêcher à moi-même. »
« Le maréchal de Cossé ne répondant pas, Damvilledit à l’amiral :