l’amiral DE C0L1GNY
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« Monsieur, je n’essayerai pas de vous enseigner laconstance; c’est vous qui l’enseignez aux autres. Jedésirerais uniquement être à votre disposition et m’em-ployer pour vous en chose quelconque. D’où pensez-vous que vous soit venu ceci?
— « Je ne tiens pour suspect, reprit l’amiral, queM. de Guise; et encore ne voudrais-je pas l’affirmer.C’est Dieu qui décidera de tout, de ma vie ou de mamort, qui me mènerait à une vie meilleure. »
« L’amiral fit une pause et dit à Damville :
« Puisque vous vous offrez à moi, je vous serai fortobligé d’être auprès du roi mon interprète. Je souhai-terais qu’il m’entendît un peu avant que je meure. J’aià lui dire des choses qui importent grandement, soit àlui, soit à la France, et ces choses, personne, si cen’est moi, n’osera les lui dire jamais. »
« Le maréchal Damville répliqua aussitôt :
« Monsieur, vous serez bien obéi; » et quittant lachambre de l’amiral, il s’achemina vers le Louvre avecTéligny.
« Le roi y était plein d’hésitation et de fureur. Il neparlait pas, il jurait. La reine mère vint, avec le ducd’Anjou et quelques-uns de leurs familiers, s’établirdans le cabinet de Charles IX. Se conformant à la pas-sion de son fils, elle s’écria qu’il fallait venger Goligny.
« En ce moment, le roi de Navarre et le prince deConfié se présentèrent dans tout le désordre de leuraffliction. Ils déclarèrent à Charles qu’ils allaient s’éloi-gner de Paris, puisque ni eux ni leurs amis n’y étaienten sûreté.
« —Vous nepartirez pas, mes cousins, dit le roi. Vousresterez pour être les témoins de l’effroyable justiceque je rendrai à tous. Pas un de ceux qui ont trempé
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