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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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L’AMIRAL RE COLIGNY

dans cc crime n’échappera, et, parla mort-Dieu, je ver-serai du sang en expiation du sang de l’amiral ! aLa reine-mère continua les imprécations du roi.Elle était fort émue. Elle regrettait amèrement queMaurevel eût manqué leur ennemi.

La visite du roi à l’amiral est aussi décrite par Dar-gaud, avec le môme luxe de détails.

« Coligny témoigna toute sa gratitude au roi et lui dit :u Sire, Dieu, devant le trône duquel je serai bien-tôt, me sera juge et témoin que toujours je vous ai étéfidèle de cœur. J’ai eu de grandes dignités de votre pèreHenri II et vous me les avez confirmées toutes. C’est àvous que je suis le plus obligé, après Notre-Seigneur.Écoutez donc en bonne part ce que j’ai à vous soumet-tre. Tenez ferme, Sire, à la guerre de Flandre et n’yrenoncez pas. Ayez l’œil dans vos propres conseils auxespions du duc d’Albe qui l’instruisent de vos moin-dres desseins. Réprimez aussi les violemenls de votreédit de paix. Car ces trois conduites sont essentielles àvotre prospérité et à celle de vos Etats. Autrement, iln’y aurait que ruine pour vous et pour vos sujets. »Charles IX ayant fait un signe d’assentiment, etCatherine se rapprochant :

« Je maintiendrai mon édit de paix, dit le roi. Inter-rogez ma mère. J’ai nommé des commissaires pourêtre les garants et les appuis de cet édit. »

Catherine repartit :

« Cela est certain, monsieur l’amiral.

— Ah ! madame, reprit Coligny, avec un dédain tran-quille, je n’ignore pas la liste de ces commissaires. Ily en a parmi eux qui m’ont condamné à la potence etqui ont proposé cent mille écus à celui qui vous appor-terait ma tête.