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L' Amiral de Coligny et les guerres de religion au XVIe siècle / par Charles Buet
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l’amiral DU COLIGNY

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— Eh bien, dit le roi, nous nommerons d’autrescommissaires de l’édit de paix. Mais ceux qui doiventinformer sur votre outrage, de Thou, Prévôt et Viole,tous de mon parlement, les aurez-vous pour agréables,monsieur l’amiral?

— Oui, Sire, puisque vous les avez élus. Je vousconjure seulement d’y joindre Cavagne, un de vosmaîtres des requêtes et M. do Masparault.

Il désigna encore un protestant, dont Cornaton, dequi, après le duc d’Anjou, viennent les plus secretsrenseignements, ne se souvient plus.

« Il paraît avéré qu’entre toutes les recommanda-tions que l’amiral versa dans l’oreille du roi, il luiadressa celle-ci :

« N’oubliez pas, Sire, ce que je vous ai tant répétéautrefois sur ceux qui complotent près de vous, contrevous. Si vous estimez pour quelque chose votre cou-ronne et même votre vie, soyez vigilant. »

« Afin de ménager l’amiral, le roi causa aussi avecCornaton. Il lui demanda comment Coligny avait sup-porté le fer d’Ambroise Paré :

« Sans un murmure, dit le jeune gentilhomme.

— Ah! reprit le roi, je ne sache jamais personned’un courage égal à celui de M. de Coligny. »

« Pourquoi, dit encore le roi, Paré a-t-il fait deuxincisions aux bras gauche?

— Pour en extraire une balle de cuivre, réponditCornaton. »

Charles voulut voir cette balle, et remarqua, lorsqueCornaton la lui tendit, que la manche du jeune hommeétait rouge de sang.

« Quel est ce sang, dit-il? — C’est le sang deM. l’amiral, dit Cornaton. Le sang a coulé sur moi,