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L AMIRAL DE COLIGNY
qui assistais M. de Coligny fendant l’opération. » Leroi examina le sang, puis la balle, qu’il rendit àCornaton. La reine-mère dit à demi-voix :
« Je suis bien aise qu’elle ne soit plus dans le bras,surtout si elle a été empoisonnée. »
Cornaton répondit que le poison même, s’il y avaitpoison, serait impuissant contre un breuvage composépar Ambroise Paré et bu d’un trait par l’amiral.
Ce fut après cette visite à l’amiral que la reine-mèreet le duc d’Anjou, altérés des conséquences possiblesdu crime commandé à Maurevel ou à Tosinghi, prirentles plus sombres résolutions. Ces premières heures deremords et d’inquiétudes sont dépeintes avec uneétrange éloquence dans les Mémoires du roi Henri III,dictés en Pologne, comme on sait, à son médecin Miron.
« Nous le tirasmes enfin (le roi) hors du logis deM. de Châtil'on. Et incontinent la royne ma mère, quidésiroit surtout sçavoir le discours que l’admirai luyavoit communiqué, duquel il n’avoit voulu que nousfussions participans, prya le roy de nous le dire; cequ’il refusa plusieurs fois. Mais se sentant importunéet par trop pressé de nous, et plus par manière d’acquitqu’autrement, nous dict brusquement et avec déplaisir,jurant par la mort-Dieu, « Ce que me disoit l’admirai« estoit vray : que les roys ne se recoignoissoient en« France qu’autant qu’ils avoient de puissance de bien« ou mal faire à leurs subjects ou serviteurs, et que« ceste puissance et maniement d’affaires de tout« l’Estat s’étoit finement escoulée entre vos mains;« mais que ceste superintendance et authorité me pou-« voit estre quelque jour grandement préjudiciable eta à tout mon royaulme, et que je la devois tenir pour