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l’amiral de coligny
« jour-là, le roil’eust fait prendre, dit la reine Margue-« rite dans ses Mémoire*. Et la reyne ma mère ne se vit« jamais pins empeschée qu’à faire entendre audit roy« Charles que cela avoit esté fait pour le bien de son« estât... Et bien qu’ils eussent esté très pernicieux à« son estât [La Noue, Téligny et les politiques protes-ta tants), les renards avoient sceu si bien feindre qu’ils« avoient gagné le cœur de ce brave prince pour l’es-« pérance de se rendre 'utiles à l’accroissement de« son estât... seul attrait en cette âme grande et« loyale.
« Dè sorte que, combien que la reyne ma mère lui« représentoit en cet accident que l’assassinat que l’ad-« mirai avoit fait faire à M. de Guyse rendoit excu-« sable son fils, si n’ayant peu avoir justice, il en avoit« voulu prendre luy mesme vengeance ; qu’aussi l’as-« sassinat qu’avoit fait ledit admirai de Charry,maistre« de camp de la garde du roy, personne si valeureuse,« et quil’avoit si fnlellement assisté pendant sa régence« et la puérilité dudit roy Charles, le rendoit digne de« tel traistement.
« Bien que telles paroles peussent faire juger au roy« Charles que la vengeance de la mort dudit Charry« n’estoit pas sortie du cœur de la reyne ma mère, son« âme, passionnée do douleur de la perte des personnes« qu’il pensoit, comme j’ay dit, luy estre un jour utiles,« offusqua tellement son jugement, qu’il ne put modé-.« rer ny changer ce passionné désir d’en faire justice;« commandant toujours qu’on cherchast M. de Guyse,« qu’on le prist, et qu’il ne vouloyt point qu’un tel acte« demeuras! impuny. »
Charles pria donc Navarre et Condé de ne pointquitter la cour, et d’y rester afin d’être témoins de sa