l’amiral du coligny 303
diligence h poursuivre les coupables, et de leur puni-tion éclatante.
La reine-mère, présente à cette scène, insistait dansle même sens, et disait que si un si grand outrage faitau roi n’avait pas son châtiment, on s’en permettraitbientôt de pareils, en plein Louvre, sur la personne duroi et sur la sienne.
Avant d’aller plus loin, n’esl-il pas nécessaire de biendéterminer la responsabilité, au sujet du complotcontre la vie de l’amiral?
Le duc de Guise fut-il seul coupable, ou Catherinede Médicis imagina-t-elle cette combinaison machiavé-lique de perdre les deux plus terribles ennemis de samaison, l’un par l’autre, et de se débarrasser du mêmecoup des deux partis, celui des Guise et celui des Châ-tillon?
Telle est la question qui se prés ente.
Selon Brantôme, la reine résolut la mort de l’amiral,avec les deux conseillers et Monsieur, duc d’Anjou. Lenonce Salviati est plus explicite et assure que la du-chesse de Nemours, Anne d’Este, veuve de Françoisle Balafré, consulta le duc de Guise, qui fut d’avisqu’on tirât sur Coligny, au moment où il serait chez lareine mère.
Marguerite de Valois, dans ses Mémoires, — commenous l’avons vu, — admet également la complicité duduc de Guise, tandis que l’ambassadeur de Venise, Mi-chieli, la nie. D’un autre côté, le duc d’Anjou, dont letémoignage a pour le moins autant de poids que celuide Brantôme, ne cite pas son nom. Il dit seulementqu’on mit dans la confidence la duchesse de Nemours,ennemie déclarée de Coligny, qu’elle soupçonnait