l’amiral de coligny
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manière bien indigne, tons ceux qu’elle pensait avoir àredouter; elle paraît avoir été sans cesse guidée par lescirconstances, sans aucune ligne de conduite arrêtée àl’avance, et sans aucun autre dessein général que deconserver la domination souveraine à quelque prix quece lut. Il est probable que la résolution d’assassiner leshuguenots en une nuit ne fut irrévocablement arrêtéequ’au dernier .moment et sous le coup de ce qui parais-sait être la plus pressante nécessité. D’ailleurs, on n’apas assez remarqué que cet acte eut deux causes biendistinctes et bien indépendantes l’une de l’autre :l’intérêt politique de la reine mère, et le plus furieuxintérêt de vengeance de tout un peuple catholique,offensé dans ses mœurs, outragé dans sa foi et journel-lement exaspéré par les insolentes bravades deshuguenots que la reine paraissait favoriser.
« Au point où en étaient les choses, au 22 août, latentative d’assassinat opérée sur l’amiral devait pro-duire l’effet d’un tison dans une tonne de poudre.Catherine se fût probablement contentée du seulcadavre de Coligny, si ce premier guet-apens avaitréussi. Mais le coup ayant été mal asséné sur la tête,on frappa à la fois sur tous les membres, et le peupleayant commencé de voir couler un sang détesté, allaplus loin que Catherine elle-même ne l’eût voulu (1). »
Nous avons tenu à citer en entier l’opinion dujournal catholique le plus répandu, sur Catherine deMédicis, encore que M. Léon Bloy soutienne unethèse diamétralement opposée à la nôtre, et ne voie enCatherine de Médicis qu’une femme de peu de valeur
(1) Article de M. Léon Bloy dans l 'Univers du mardi 21 avril1874 .