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Entre les parvenus qui s’enferment dans leprivilège, les ignorants, les impuissants, lesparesseux qui subissent l’arbitraire, ou les vio-lents qui le veulent saisir corps à corps, il y eut,et il y aura toujours, car la spirale du progrèssocial se continue sans jamais s’interrompre,des hommes énergiques, magistrats, prêtres,soldats, tribuns, pour prendre en main la causedu peuple, c’est-à-dire la cause de la patrie.Ce sont les hommes du tiers-état, héros pres-que toujours restés obscurs. La Savoie l’acompris et, dans ses hommages, s’est noble-ment rendue solidaire des esprits éminents qui,à travers les siècles , l’ont maintenue à uneégale distance de la démocratie sans limiteset de l’autocratie sans contrepoids. Il y atrois statues sur le sol savoyen, toutes troispayées par des collectes publiques. Ces imagesde bronze, qui se dressent dans les villesépiscopales d’Annecy et de Saint-Jean de Mau-rienne et dans la cité royale de Chambéry,ne sont point celles des princes, des saintsni des victorieux. Ce sont des hommes dutiers-état : le jurisconsulte Antoine Favre, lechimiste Claude Berthollet, le médecin JosephFodéré. Le bon sens mêlé d’ironie des Sa-voyens les a bien servis. Toute leur histoirese résume en ces trois types : finesse, savoir,indépendance. Heureuses les nations qui pos-sèdent encore cette qualité et ces vertus.
Qu’il me soit ici permis de remercier leshommes aimables et savants qui se sont asso-ciés à mes travaux par leurs communications ouleurs conseils 1 . Après les illustres correspon-
1 Je dois aussi un témoignage public à l'Académie de
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