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et les îles sablonneuses de Chanaz et de Lucey;vers l’est, sur les crêtes escarpées où l’on frayales premiers chemins. Plus tard, les Piomains,prenant à revers le massif des Alpes, entrèrentdans les Gaules par les côtes marseillaises ets’avancèrent à pas comptés en remontant lavallée du Rhône. C’était la grande voie com-merciale qui, par les bateliers du Rhône 1 et lasuite non interrompue des lacs de l’Helvétie 2rattachait les peuples du midi à ceux du nord,les côtes de la Méditerranée à la vallée du Rhinet à celle du Danube. Les Phéniciens 3 avaientles premiers profité de ces cours d’eau navi-gables et de ces lacs paisibles, chemins quimarchent.
César, calculant le prix du temps, refitbientôt les étapes de Rellovèse et d’Annibal, etprit à travers les glaciers le chemin le pluscourt pour aller de Rome au cœur de la Cel-tique. Dès lors, la Savoie devint la porte desGaules pour les légions romaines, en attendant
1 Le Rhône, qui peut déjà lui-même être remonté très hautpar des embarcations pesamment chargées, donne accès dansbeaucoup de cantons par la raison que les eaux avec lesquellesil est en communication sont également navigables et peuventservir à transporter les plus lourds fardeaux. — Strabon.
Géographie, livre IV, chap. I, § XIV.
3 Les lacs de Genève, de Neufchâtel, de Bienne qui se ratta-chent au Rhin et au lac de Constance. S’il faut user de charroisdans une partie du trajet, dit Strabon (IV, chap. I, § II), c’estsur un espace peu étendu, par des chemins peu difficiles, etl’on utilise les moindres cours d’eau qu’on descend et qu’onremonte alternativement.
3 La Chronique du pays de Vaud rapporte qu’Héracle, venantd’Espagne et se rendant en Italie, bâtit le port de Losonne au-dessous de la ville actuelle de Lausanne, pour servir de stationà ceux qui descendaient du Valley et à ceux qui remontaient leRhône, et que le petit-fils d’un de ses capitaines bâtit le portde Genève.