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Tome premier.
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«15-1889

civilisation sans mélange 1 ; leurs serfs, appelésdu dehors par l’offre d’une condition meilleure,n’étaient en réalité que des colons, possédantune jouissance partielle des terres dont lesmoines étaient seuls maîtres en vertu de titresréguliers; ils étaient soumis, par leur libreconsentement, aux restrictions que subissaientpartout les usufruitiers et les emphytéotes, etaux redevances et servis des tenanciers. Dansle second cas, les moines se trouvèrent enprésence ou de serfs dont la propriété leur futcédée avec la terre par les seigneurs laïcs' 2 , oud’hommes libres. Quand il s’agit de serfs, leurcondition ne devint pas plus mauvaise ; on saitle proverbe allemand : Il fait bon vivre sous lacrosse. Mais, pour les hommes libres, la con-dition devint pire ; et, quoique ce fut l’excep-tion, car les juridictions seigneuriales n’avaientlaissé debout que de rares tribunaux coutu-miers, il est utile de faire ressortir l’énergie etl’audace des hommes qui maintinrent leursdroits contre l’absorbante féodalité. Dans lecomté de Bourgogne et Savoie, dit un vieilhistorien 3 , l’expérience nous apprend que lespaysans des lieux mainmortables sont bienplus commodes que ceux qui habitent la fran-chise. Cet aveu naïf rappelle l’opinion desgens timorés qui redoutent la diffusion de

1 C’est ainsi que les couvents du Jura (E. Clerc. Essai surl’Histoire de la Franche-Comté J, ceux de la Campine belge(Verhœven. Mém. sur la const. de la nation. 1790.) ont créél’agriculture de ces contrées, désertes et stériles avant eux.Il en fut de même dans les Alpes, à Sixt, à Saint-Hugon, àPignerol, à Novalèse.

2 Comme à Luxeuil, à Saint-Maurice à Tnlloires, etc.

3 Dunod. Traité du la mainmorte.