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Tome deuxième.
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1562-1564

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comme oysons bridés, dans la cage, ne se pourroienttenir de marcher plus oultre; que lesdits habitans quivoudront faire la cueillette de leurs bleds, vins etautres vivres qui se tirent des champs n’en auront assezpour XV jours seulement ; qu’au recouvrement la payedes autres gens de guerre 11e suffira pas et lors forceleur sera de faire comme le loup que la faim chassehors des bois, qui en prend où il en trouve. Quandbien S. M. augmenterait la solde et l’enverroit à pointnommé, ils 11e laisseront ains de demeurer enfermés etde courir la campagne pour respirer un peu au large.Les gentilshommes qui auront de la discrétion se con-tiendront pour un temps ; et en fin la patience leureschappera comme aux autres, et au duc de Savoye lacolère dont il aura de luy mesme basti les eschellonspour avoir voulu plus qu’il ne devoit et qui peut êtreforcera un jour la France, si elle devient sage, à révo-quer et casser tout 1 . v

L’irritation était égale des deux parts ; lesPiémonLais accusaient les commissaires fran-çais d’avoir imprudemment autorisé l’exporta-tion des blés, mesure qui affamait ce versantdes Alpes, où la disette se perpétua de 1560 à1564‘ 2 . Les villes retenues par le roiétaient donccomme assiégées ; la convention semblait lesmettre en interdit, n’autorisant le libre par-cours des habitants et des soldats , même pourla promenade, par groupes isolés et sans ar-mes, que dans un rayon d’un mille autour dechacune d’elles. Il fallait dégoûter les Françaisde ce métier de sentinelles, disaient les mi-

' F. de Boyvin du Villars. Mémoires sur les guerres dePiémont. Edition de 1619. Lyon, page 1013.

J I.avriano. Storia di Torino. (Il, lib.V, nota 123.) Le blé sevendit en Piémont 45 florins le sac ; le sac équivaut à quatredoubles décalitres, et le florin à environ 3 fr. 30 cent, de notremonnaie, valeur actuelle.