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Tome deuxième.
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1570-1572

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rapprochées du Dauphiné et celles que possé-dait déjà la Réforme n’eussent point hésité.Au lieu de devenir plus tard, dans les mains dePhilippe II, une terrible arme de guerre, laSavoie, asile des libertés violées, eut abritédans ses vallées paisibles tous ces proscrits quiallèrent chercher un refuge au fond de l’Alle-magne ou au-delà des mers.

Emmanuel-Philibert, absorbé par les diffi-cultés de sa tâche, n’avait pas la vue assezperçante pour démêler l’avenir au-delà dessituations troubles dont il était comme appe-santi. Le travers habituel des princes réforma-teurs est de se trop lier à la lettre de leursordonnances; ils ne font pas à l’individu unepart assez large ; ils brident l’initiative et veu-lent emprisonner la flamme. De 1559 à 1599,le duc réduisit ses propres tendances à la me-sure de ses calculs ; de 1570 à 1580, il les fitcéder aux influences extérieures. En 1564,lorsqu’il inscrivait en tête du traité de Lau-sanne sa déclaration de principes sur la libertéde conscience, il condamnait ses propres ri-gueurs contre les Vaudois et protestait à l’a-vance contre les massacres de la Saint-Barthé-lemy, auxquels pourtant il devait s’associerpar le séquestre des biens des victimes 1 . En1569, sa politique pouvait déconcerter les ma-nœuvres de la cour d’Espagne à Paris ; mais lejésuite Possevino et les agents du duc d’Alberéussirent à alarmer sa conscience 2 ; ils lui

’ Affaire de Jacqueline de Montbel veuve de Coliguy lArch.du Sénat. Reg. XVII. 129).

2 Arch. de cour. — Correspondance diplomatique avec l'Es-pagne. La plupart de ces dépêches ont été récemment publiéesà Bruxelles.