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Tome deuxième.
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1574-1575

d’Holbein 1 , et accompagnait sur le luth leshymnes de Goudimel. Sa foi austère inclinaitparfois vers le mysticisme 2 3 ; on lui reprochait,comme aux deux autres Marguerites, un pen-chant peu dissimulé pour les idées de laRéforme ; cependant Pie IV, Pie V et Gré-goire XIII la comblèrent de marques d’affec-tion. Indulgente en politique, tolérante enreligion, elle sauva autant de victimes que decoupables. Acclimatant autour d’elle tout ceque la Renaissance conservait de lumineux etde délicat, elle prit, pendant quinze années,une part considérable aux affaires publiques,tant au conseil que dans l’action, et rendit à laSavoie d’éminents services. Sa correspondanceincessante avec la cour de France, avec sesamis de Rome, d’Espagne, d’Allemagne, desFlandres, les avis quelle recevait, lès lettresqu’elle écrivait aux agents diplomatiques oumilitaires pour atténuer la rigueur d’un ordre,adoucir une transition, témoignent d’une en-tente parfaite des questions les plus ardues,d’une âme généreuse et d’un sens droit.Marguerite d v Autriche, dont elle avait le traitet l’énergie, abusa de ses talents politiquespour caresser l’intrigue et secouer la haine,Marguerite de France ne s’en servit que pourle bien public. C’est à ses sollicitations jamaislassées, à son attention toujours en éveil, que

1 Elle avait, dans son cabinet, les magnifiques portraits de

Luther, de Calvin, de Catherine Bore, d’Erasme, par Holbein.(La reale galleria di Torino, ülustrata dà Roberto d’Azeglio.j

3 L’une de ses favorites, Françoise de Passier, de Bonnevilleen Faucigny, publia à Thonon, en 1603, un livre mystique,' s crit en espagnol , sous l’inspiration de ses souvenirs, et quiaruit pour titre : Carias morales del senor de Nervesa.

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