CHAPITRE V
CHARLES-EMMANUEL LIVRE LES ALPES AUXGUERRES UE RELIGION.—LE COUP D’ÉTATUE THONON EST UNE RÉPLIQUE A l’ÉDITDE NANTES.
1580 A 1601
Lorsque Lmmanuel-Philibert mourut à Tu-rin 1 , le 30 août 1580, abandonnant enfin l’ab-solu pouvoir aux impatiences de son fils, l’état
1 Les récits (1e Morosini, Boldù et Brantôme, complètent àmerveille le beau portrait d’Emmanuel-Philibert par JacopoArgenta (Musée de Turin). Cette tête fine, mâle et fière, inspireles mêmes sympathies que le détail de sa vie. Il vivait à labourguignonne, simple au milieu du faste. Fort jaloux de sonsecret, employant de préférence des hommes du tiers-état,jamais de prêtres, peu rie nobles, sauf pour les missions d'ap-parat, il appréciait par-dessus tout la discrétion. Ouvrant lui-même toutes ses dépêches, il répondait en personne à la plupart,fatiguant parfois, à tour de rôle, ses trois secrétaires et les ren-voyant rompus de lassitude; il ne souffrait pour son serviceparticulier qu’un vieux valet espagnol qui ne savait pas lire.Les relations contemporaines le représentent peu de minutesà table, peu d’heures au lit. Il ne s’assied pas; discute deboutses affaires ; traite avec les ambassadeurs et donne des ordresen se promenant, tête nue et le toquet à la main sous le soleil