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Tome deuxième.
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1596-1598

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pas de peine à ramener à l'obéissance de l’E-glise le petit peuple de Chablais, car il va pourl’ordinaire, sans réflexion, on vont ses maî-tres; que d’ailleurs il paraissoit par la facilitéque ces prétendus réformés témoignoient à seconvertir, qu’ils n’avaient pas des sentimentsarrêtés sur la religion'. — Ils ne s’aperce-vaient pas, dans leur zèle, qu’ils discréditaientd’avance par ces allégations l’éclat de leurssuccès. Le duc utilise à la fois les violents etles doux; mais, pas encore de rupture; la si-tuation générale de l’Europe est trop tenduepour que l’habile Favre conseille d’exaspérerles Suisses. On use de moyens détournés,(Yamorces, selon la langue expressive des tré-soriers qui classent sous ce titre tout l’argentdestiné à l’achat des consciences, en religioncomme en politique. Ce système d’intimida-tion pour les uns, de séduction pour les au-tres , qui, au nom de la pure morale évangé-lique, faisait du positif de la vie, des intérêtsmatériels, le motif et le prix des abjurations,était familier au duc de Savoie. Depuis long-temps il remployait, sans succès il est vrai,contre une femme héroïque, Jacqueline deMontbel, comtesse d’Entremont, dont lesvingt-six années de tortures morales comp-tent parmi les épisodes les plus singuliers duXVI e siècle 1 2 . L’expérience de quelques moisne produisit pourtant que déceptions.

1 Hisl. des miss, des Capucins, d'après leurs propres manus-crits, (Chambéry, 1867. Pages 20 et 73.)

2 Les femmes d'autrefois. — Jacqueline de Montbel, veuve deColigny, (Paris. 1869. Djdier, éditeur, avec xix Documentsdont plusieurs inédits.)