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Tome deuxième.
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1598-1601

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traire et la violence servaient toutes les mau-vaises passions; les régiments espagnols et na-politains étaient plus redoutés encore que leshuguenots de Lesdiguières ; les soldats des mi-lices eux-mêmes traitaient parfois leurs com-patriotes comme des vaincus. En 1591, Ghabod,juge-mage de Savoie, et Duverney, auditeurdes camps, sont délégués pour informer som-mairement contre les voleurs, assassins, incen-diaires , tant de gens de guerre que d'autresvagabonds, et en purger le pays. De 1592 à1599, des peines sévères sont édictées contreles syndics, procureurs et autres qui ont pré-variqué lors des levées de subsides ou réquisi-tions, ainsi que contre les seigneurs qui exigentde leurs vassaux au-delà de leur dû. Les séna-teurs et maîtres des comptes, Crassus, Favre,Empereur, de Lespignv, etc., furent fréquem-ment chargés d'informer pour de pareils faits ;les enquêtes aboutirent toujours au payementde fortes amendes au profit du prince, jamais àla restitution des deniers ou biens spoliés. En1601, le nombre des accusés détenus dans lesprisons de Chambéry était tel que, faute deplace et de pain, il fallut s’en débarrasser auplus vite; le*Sénat siégea matin et soir, mêmeles jours de vacances, pour juger au criminel 1 .

1 Toutes les fois que le général des galères du doc de Sa-voie manquait de rameurs, on ramassait les suspects; il n'yavait plus d'exécution à mort que pour les cas atroces, et tousles criminels étaient dirigés sur Nice. Après la paix, nouvellecommutation de peine, des galères en bannissement, pour éviterde nourrir des bouches inutiles ; on appelait cela rappd 4u banc.