CHAPITRE VI
LES TRAITÉS DE LYON ET DE SAINT-JULIENCONSOMMENT LA DÉCADENCE POLITIQUE DELA SAVOIE. — CHARLES-EMMANUEL SE FAITPRINCE ITALIEN.
1598 A 1610
Depuis dix-huit ans, Philippe II, héritier desrêves de Charles-Quint et rien que de sesrêves, s’épuisait à ramener les Pays-Bas, l’Al-lemagne, l’Angleterre, la France sous le jougespagnol et la foi romaine ; l’effort fut si grandque l’Espagne en est restée brisée. La libertéde l’esprit, l’équilibre des peuples, triomphentavec Elisabeth et Henri IV ; à trois semainesde distance, l’édit de Nantes et la paix de Ver-vins confirment la double défaite de la coali-tion austro-espagnole. Le duc de Savoie, ins-trument dédaigné de cette coalition vaincue,tombe avec elle. Il va essayer un instant delutter contre sa mauvaise fortune; puis, lasd’alliés équivoques, il s’attachera, mais troptard, à la destinée d’Henri IV. Là encore, foc-