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Tome deuxième.
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Emmanuel quittait le Val d’Aoste et passait lesAlpes. Il y avait tantôt deux mois que ce princeavoit, suivant ses propres expressions, mis leshottes pour monter à cheval et vuycler ce paisdes Espagnols qui y tenaient garnison en s’ypermettant mille excès 1 . Le 9, une semaineavant le terme fixé pour la reddition de Mont-mélian, Brandis eut l’indignité de livrer à Sullyla garde d’une porte de la citadelle et de per-mettre qu’on y installât Créqui comme gouver-neur. Le 11, des feux allumés sur les cimesdes Alpes, depuis le Cormet de Iloselyn etMontvalezan-sur-Séez jusqu’à Nâves, Randenset Bonvillaret, apprirent aux habitants de lavallée de l’Isère que l’armée hispano-piémou-laise entrait en Tarentaise. Lesdiguières, quioccupait Moûtiers, avait l’ordre d’amuser l’en-nemi , sans risquer d’engagements sérieux,parce qu’on ne doit pas se battre contre desdésespérés. L’armée de secours, qui ne comp-tait que 1,000 Savoyens et 2,000 Valdôtainssur 22,512 combattants, ne rencontra point surla route les sympathies qu’espérait le duc ;seul, il eût mieux réussi; mal accompagné, ilne fut pas secondé par les Tarins. Les Fran-çais gardaient le pas du Saix ; ils laissèrent leprince installer à Villette son quartier-général,puis l’abordèrent de flanc et de front par desprécipices à pic, et lui firent éprouver des per-tes sensibles, sans pouvoir le déloger. Uneneige épaisse rendit bientôt tout combat im-possible et ferma la vallée de Saint-Maxime,

* Voir aux PREUVES. Documents n°CXXXVI H à CXL, troislettres inédites du due, relatives à la situation des Valdôtainspendant l’invasion de la Savoie par Henri IV, et aux ménage-ments dont les comblait Charles-Emmanuel.