— 243
1602-1603
(.reprise, mais de ceux-cy je ne m’esmerveilleray jamais,quelque chose qu’ils fassent contre la paix et contre ledevoir de bons voisins. Cependant cette entreprise m'afait penser qu’eux ne pouvant ignorer que le roy ne leurlaisseroit jouir paisiblement de leur usurpation, si elleleur fusl réussie, ils pouvoient estre disposez à la guerreouverte mais qu’ils vouloient pour l’honneur du mondeque le roy la leur commençast, et pour une telle occa-sion. Les duc de Savovc et comte de Fuentôs la dési-rent si follement qu’ils y constituent leur souverainbien, sans regarder à dommage, perte ny ruyne ’. »
Henri IV, informé de tous les détails, avaitdit : C’est un meschant tour de M. de Savoye,q ui croyait qu’il n’ appartient qu’aux courtaudsde tenir la foy 1 2 3 . Le vulgaire en jugea commeles princes; les mémoires de Lestoile contien-nent celte mention piquante :i :
« L’entreprise sur Genève faillie par le duc de Savoyeresveilla les plaintes des Françoys contre S. A. ellesHespagnols; on en lit rouler plusieurs discours sur lapresse contenant les particularités de tout ce qui s’vpassa avec le juste loyer des traîtres et conspirateurs. '»
Si l’on pouvait mettre en doute l’importanceeuropéenne de ce combat, livré par quelquescentaines d’hommes, à la clarté des torches,sur les murs d’une petite ville des Alpes, ilsuffirait de lire les innombrables dépêchesqu’échangèrent à ce sujet tous les cabinets.Les deux impétueux courants qui se partagentet se disputent le monde se heurtaient contreson étroite enceinte avec la violence des flots
1 Home. 21 janvier 1603. (Edition de Paris. 1G27. — i.ivre
IX. 730, lettre 325e.)
3 Yidel. Vie de Lesdiguières. I. 220.
3 Journal (ht règne d’Henri IV, I. 219.