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Tome deuxième.
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1610-1611

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du ministre français Gueffier, joue Villeroy,mais se laisse surprendre à Suze par la brus-querie de Lesdiguières comme une fois déjà àBrusol. Ne voyant de salut que dans la rivalitédes Maisons d’Autriche et de Bourbon, il essaiede séduire le duc de Nemours et le comte deSoissons ; fait offrir par l’évêque de Mauriennele mariage de son lils avec Elisabeth de France,dont la dot eût été, comme celle de Margue-rite en 1559, la restitution des provinces récem-ment annexées ; combine en même temps lesmariages du prince du Piémont avec la fille duroi Jacques, et de Marie de Savoie avec le princede Galles ; sollicite à la fois le cabinet de Madridde lui livrer Genève, et la cour de France delui permettre la conquête de Gênes, défendues,la première par la tradition politique de Fran-çois I er et d’Henri IV, la seconde par les flottesespagnoles 1 ; envoie le marquis de Lullins au-près de Paul V protester de son ardeur catho-lique, le comte de Verrue à Venise au nom de laliberté du commerce, le comte de Gabaléon àLondres dans le dessein de s’y entendre avecStuart, qui, tout aussi mobile d’opinions queCharles-Emmanuel, persécutait les puritains etfaisait pendre les catholiques. Ce chaos de con-

1 I.e président Favre, peu partisan des combinaisons d’HenriIV, annonçait coup sur coup au duc la découverte des complotstramés contre sa personne. Le 23 avril 1610, ce magistrat si-gnalait au prince les menées des gens de Grenoble et le préve-nait que les Huguenots, remontant en grand nombre du Viva-rais et du Languedoc à Genève, laissent entendre qu'ils ferontbientôt crier dans Chambéry : Vive Genève ! Le duc obtientl’appui du pape, la promesse de 5,000 Italiens réformés par leconnétable de Castille ; mais la reine-mère eut un éclair de senspolitique, protesta à Rome, fit déclarer les Cantons et donna l’or-dre à Lesdiguières d’entrer en Savoie.(AR. GRENOBLE. CH.C.Commissaires des guerres. Rôles des gîtes d'étape en 1611.)