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Tome deuxième.
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1830-1713

En 1678, des Confréries de miséricorde s’éta-blirent dans quelques villes, à Annecy, à Aoste,pour secourir les malades à domicile et recher-cher les pauvres honteux. Les hommes intelli-gents comprenaient tout ce que la charité légaleavait de terrible et de répulsif. Il fallut parfoisfaire la chasse aux mendiants pour les menerde force à Y Hôpital général; les malades ne s’ylaissaient traîner que quand ils ne pouvaientpas fuir 1 ; la promiscuité du malade, du pau-vre, du fou et du criminel y était telle, la vie sidure, l’arbitraire si hideux, que le nom d’hô-pital est longtemps resté une épouvante dansla mémoire du peuple 2 .

En 1715, l’essai de 1666 fut mis en œuvresur de plus vastes proportions; on réunit l’hos-pice de charité de 1656 et l’hôpital des pauvresde 1675, sous le nom d’Hôpital général despauvres dont l’administration fut exclusivementconfiée à des laïcs. On se préoccupa d’en écar-ter l’oisiveté, d’en faire une pépinière d’ouvriersau lieu d’un refuge de fainéants. Rien de plussalutaire, en effet, que de moraliser les pauvrespar le travail, de les relever à leurs propresyeux par le sentiment de leur valeur relativeet de faire de la mendicité un malheur plutôt

chaque année et l’on y dut comprendre au moins quatre magis-trats et trois conseillers de ville.

1 Voir, dans la Correspondance administrative de la France(1600 à 1780), ce qu’étaient les hôpitaux, les prisons et les ga-lères du XVII e siècle et du XVIII e . — « On ne brigua les hô-pitaux, dit Saint-Simon (Mémoires II. Chap. 80.), la honte etle supplice des pauvres, que pendant l'hiver de 1709 et à lasuite des cascades de maux qui dérivèrent de cette désolationdu royaume: on les fuyoit naguère comme la peste. »

2 En Savoie, on ne mit à part les fous et les épileptiques,dans les hôpitaux, qu’à partir do 1779. fRaccoltà. Tome XII.)